Premier album de Patrick Dewez · Une découverte pour la chanson française

 
Le nom de Patrick Dewez est connu dans les milieux artistiques de notre francophonie. Voilà déjà plus de dix ans qu'il chante aux quatre coins de la Wallonie. Son répertoire, plutôt jazzy, est considéré, chez nous, comme l'un des plus intéressants au niveau de la chanson française.
Timide, aux airs d'un ancien "scout" rêveur, Patrick Dewez a fait ses premiers pas sur scène en première partie du regretté Jean-Michel Caradec. C'était en 1979. Ensuite, Pierre Rapsat ou Stéphane Steeman lui offrirent la même chance. De cabaret en cabaret, il se retrouve en 1983 au festival de la chanson française à Spa. Pas de prix, mais il se révèle en tant qu'espoir de la chanson.
Après Spa, c'est la traversée du désert pour cause de contrat trop strict avec un producteur. Une époque qui va lui permettre de s'identifier et de trouver un style personnel. C'est en 1987 qu'il refait surface avec un 45 tours, très apprécié des radios, "Cinéma dans la tête".
Et puis, enfin, le premier album, "Les eaux des fontaines". Seulement sept morceaux sont au programme, mais ils sont tous d'une rare qualité. Il est vrai que Patrick Dewez n'a pas tenté à tout prix de faire un album pour le simple plaisir d'en avoir un à son palmarès. Même s'il avoue que ce mini-LP doit peut-être servir de carte de visite, il n'a pas pris à la légère son travail. Il s'est entouré des meilleurs musiciens de jazz de chez nous (Loos, Houben, Hatzigeorgiou, Froidebise...). Il est allé enregistrer deux titres (Babylone, Une autre vie) à l'ICP, laissant le soin du reste à un studio liégeois (Studio Four), à la pointe de la perfection. La présentation est également de grande qualité (photo Pascal Winkel), ce qui est chose rare pour un album non signé par une grosse firme de disques.
Evidemment, malgré une relative bonne distribution, il y a peu de chances que le "grand public" le découvre incessamment. "Dommage, dit Patrick Dewez, mais l'essentiel est de travailler pour qu'il sorte le plus rapidement des frontières". Il voit juste. C'est le genre de musique et de textes que nos voisins français apprécient tout particulièrement. Avec un rien d'originalité en plus, la voie de Patrick Dewez s'annonce réjouissante. Il est sur les traces de Maurane ou Philippe Lafontaine. Il lui manque juste un bon agent artistique ou un manager rusé. Avis aux amateurs...
Denis Gérardy · La Libre Belgique